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LAMOTTE-BEUVRON

Ouverture de la Mairie

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URGENCES

Photo issue de la collection de M. Jacques Asselineau

À la fin du siècle passé, les bourgeois qui venaient à la chasse en Sologne ne manquaient pas d’aller faire un tour par le bourg de Lamotte Beuvron, et se retrouvaient attablés sous l’enseigne d’un hôtel, situé face à la gare, ou l’on dégustait la célèbre tarte des Demoiselles Tatin

Les deux soeurs TATIN avaient hérité de l’hôtel familial qu’elles faisaient honnêtement valoir.

La plus âgée, Stéphanie, recevait la clientèle. Droite, franche, d’égale humeur en toute circonstance, on la citait en exemple. Chaque pensionnaire de l’hôtel était considéré en ami et certains demandaient conseil en affaires à la tendre Caroline, tant on la disait avisée à toute chose. Notre hôtesse avait autour d’elle une sorte de cour qui avait fait surnommer gentiment Caroline, « La petite Impératrice de Sologne ».

Caroline, sa cadette de 14 ans, s’occupait de la cuisine. Du matin au soir, elle s’activait derrière ses fourneaux et ses casseroles en cuivre. C’était un fin cordon bleu, mais elle avait un terrible défaut ; celui d’être étourdie comme il n’est pas permis de l’être ! Sa spécialité était la tarte aux pommes, qu’elle servait croustillante, caramélisée et fondante à souhait.

Un jour que les chasseurs se disputaient les chaises, Stéphanie enfourna sa tarte complètement à l’envers, pâte et pommes sens dessus-dessous, et servit cet étrange dessert sans même s’en apercevoir et sans laisser le temps de la laisser refroidir.

Les clients restèrent quelque peu médusés devant ce morceau de gâteau, et goûtèrent du bout du couteau d’abord, à pleines cuillères ensuite, cette merveilleuse pâtisserie : c’était la tarte renversée et fumante.

On complimenta la cuisinière de toutes les tables. Elle eut beau répéter que ce n’était qu’un malentendu, personne ne voulait la croire et le dimanche suivant, les salles de l’hôtel étaient pleines à craquer. Les Lamottois à leur tour venaient se délecter de cette fameuse tarte chaude dont les chasseurs vantaient l’unicité.

La demoiselle Stéphanie Tatin disparut pendant la guerre, le 14 Juillet 1917, à l’âge de 80 ans fêtés, six ans après sa cadette Caroline (le 2 Mai 1911). Elle avait fait saliver de nombreux gourmands et gourmets et sa fameuse tarte à l’envers était alors réputée d’Orléans à Bourges.

En 1926, Curnonsky, Prince des Gastronomes, séduit par la gourmandise, la présenta à Paris, sous le nom « TARTE DES DEMOISELLES TATIN », nom sous lequel elle figure désormais dans tous les bons manuels de cuisine.

Propos soutenus par M. Bourgogne Gardie