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La Ville de Lamotte-Beuvron et le GRAHS (Groupe de Recherches Archéologiques et Historiques de Sologne) vous proposent des rubriques hebdomadaires (brèves, articles, recettes), une occasion de (re)découvrir l'histoire et le patrimoine de notre belle Sologne.

Dans le cadre d’une série d’articles à venir relatives aux « EPIDÉMIES ET PANDÉMIES DANS LA SOLOGNE DES XVIIe-XIXe SIÈCLES », Christian POITOU, Président d’honneur du GRAHS, vous présente aujourd’hui une introduction au sujet :

I

Vue générale sur les épidémies des XVIIe-XVIIIe siècles en Sologne

Les registres paroissiaux tenus par les curés et les récits des contemporains, médecins ou notables, nous enseignent que jusque 1750 – plus rarement au-delà – plusieurs fois dans la vie d’un homme survenaient, au niveau du village ou de la province, de terribles épidémies. Pendant plusieurs mois ou une année entière, parfois davantage, le nombre des enterrements était multiplié par deux, trois, quatre et même plus. Au moins dix à vingt pour cent de la population était envoyée au cimetière. Faute de comprendre le phénomène, on y voyait la manifestation de la colère divine pour punir les humains de leurs péchés.

Au plan démographique, ces épidémies produisaient partout les mêmes effets : la multiplication des sépultures s’accompagnait d’une cessation presque totale des mariages et d’un effondrement des conceptions. Au bout de quelques mois les phénomènes inverses survenaient. Les plus faibles ayant été éliminés, les sépultures tombaient au-dessous de la moyenne habituelle, les mariages différés dans les temps de deuil ou provoqués par les nombreux veuvages se multipliaient, et la natalité bondissait. La vie reprenait son cours en attendant une nouvelle offensive de la mort.

Au cours des XVIIe-XVIIIe siècles, la Sologne aux eaux trop souvent polluées fut décimée par de redoutables épidémies ajoutant leurs ravages à une puissante maladie endémique, le paludisme : la fièvre typhoïde de 1694 et de 1710, la dysenterie de 1766, la variole de 1772. S’y ajoutent les effets de deux pandémies, la « grippe moscovite » de 1782-1783 et, plus tardivement, le choléra de 1832.

Christian POITOU, Président d’honneur du GRAHS

 

II

Une maladie plus endémique qu’épidémique en Sologne : le paludisme

Le paludisme – appelé avant la fin du XIXe siècle fièvres intermittentes ou fièvre de Sologne – était une maladie endémique, c’est-à-dire présente en permanence dans la région. On l’attribuait à des miasmes, émanations putrides provenant de la décomposition des plantes des étangs et marécages. Depuis les années 1880-1900 on sait qu’en fait la maladie est due à un microbe inoculé par certains moustiques qui prolifèrent en automne. Elle revenait donc tous les ans à cette saison, et prenait parfois une telle ampleur qu’on pouvait y voir – à tort – une épidémie.

Le travail agricole intensif dans des zones particulièrement humides et surtout la malnutrition favorisaient le développement du paludisme. Les plus pauvres étaient les plus atteints, et plus encore les jeunes enfants qui ne pouvaient se défendre contre les insectes. D’autre part la fièvre de Sologne provoquait des avortements et des naissances prématurées chez les femmes enceintes. C’était donc elle la principale responsable de l’énorme mortalité infantile solognote qui faisait qu’en certaines années la moitié des enfants de moins d’un an mouraient. Le nombre des paludéens était énorme, tous les membres d’une même famille étant souvent atteints en même temps. En 1830, le curé de Saint-Viâtre dénombrait 500 malades sur les 1200 habitants que comptait sa paroisse. L’amélioration des conditions de vie des Solognots, fit peu à peu reculer la maladie. En déclin depuis le milieu du XIXe siècle, le paludisme disparut à peu près complètement, semble-t-il, lors de l’hiver rigoureux de 1879 où la température, descendue à moins 30 degrés, élimina les derniers moustiques vecteurs du fléau. 

Christian POITOU, Président d’honneur du GRAHS

 

III

La grande mortalité de 1694

Les années 1692 et 1693 furent anormalement froides et humides un peu partout en France. La récolte des céréales fut donc très mauvaise en beaucoup de régions. De ce fait, en ce qui concerne la Sologne, le prix du seigle – alors la principale céréale panifiable – fut multiplié par 3 ou 4. Les plus pauvres se trouvèrent bientôt dans l’impossibilité d’en acheter, si bien que la disette puis la famine s’installa. Affaiblis par les privations et contraints pour survivre de consommer des plantes dangereuses, véritables poisons, ou des charognes d’animaux, des milliers d’individus devinrent des proies faciles pour des maladies microbiennes.

La faim jeta sur les routes traversant la Sologne des bandes de mendiants « cherchant leur pain ». En 1694, selon son curé, la paroisse de Sennely secourut plus de mille pauvres du Berry, de la Beauce et du Limousin, dont de nombreux enfants devenus orphelins errant dans les campagnes. Ces miséreux propageaient une maladie très contagieuse, la fièvre typhoïde semble-t-il. La plupart des villages solognots en furent atteints, tout particulièrement Cerdon, Villemurlin, Isdes, Vouzon, Sennely, La Ferté-Saint-Aubin, Ardon, Crouy, Vernou et Selles-Saint-Denis. En beaucoup d’endroits le nombre des décès tripla fréquemment par rapport au niveau annuel moyen. L’année 1694, de sinistre mémoire, fut celle de l’une des pires épidémies qu’ait connu la Sologne.

Christian POITOU, Président d’honneur du GRAHS

 

 

Ces écrits représentent de très nombreuses années de recherches ; vous pouvez les partager en mentionnant la source d’origine : GRAHS à Lamotte-Beuvron.

 

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